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à III 

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Ce dessin - je ne sais plus où je l'ai fait en Bretagne- n'est là que pour inspirer ma réflexion.

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Aujourd'hui elle tournera autour de "comment je vis les choses quand bien même je sais qu'elles sont illusoires" ?

Je vous l'accorde, cela est bien de sensibilité bouddhiste, mais qui n'a pas déjà contemplé que, après sa mort, tout disparaîtra comme l'image issue d'un projecteur dont la lampe claque.

D'abord, le réel de notre monde ici-bas existe bel et bien, du moins à travers nos perceptions et nos mots pour le communiquer aux autres. Il existe bien car le monde des phénomènes est puissant, non pas dans l'énergie dédié à la manifestation des choses, mais dans son pouvoir de conviction que tout cela est bien réel, réel au sens de "c'est du solide". Pour raccourcir la pensée, je dirai que le monde phénoménal est puissamment convainquant.

Comment comprendre cette expression "c'est du solide" ?

Oh, tout simplement la constatation de notre oubli constant que, ce que nous prenons comme réel n'est que temporaire. On n'accepte pas que le réel ne soit pas durable.

Et c'est ici que je crois que commence le paradoxe, la vie paradoxale de nos vies terrestres : nous attachons une importance très excessive à des manifestations de la vie qui sont éphémères, au point de tourner le dos à la recherche de réalités fondamentalement durables.

Et les mots alors, les mots pour le dire ajouterais-je ? Ils dessinent les contours très subjectifs de nos perceptions, qui, quand on les communique, vont devenir réalité pour l'autre. Mais l'autre ne perçoit que la manifestation de notre expression, reflet de nos perceptions.

Vous l'aurez compris, tout cela est un jeu de miroirs où les reflets renvoient à d'autres reflets, au point d'en oublier si il y a un point de départ à ces reflets en cascade.

Pour ma part, je pense qu'il n'y a pas d'origine à ces reflets en série, mais que tout cela participe d'un cercle sans commencement ni fin. Et le risque de cette figure géométrique est qu'on peut y accélérer sans risquer de se heurter au mur... de l'ultime réalité.

La voie me semble alors toute tracée : briser le cercle (du samsâra chez les bouddhistes), stopper le cycle des reproductions transgénérationnelles (si elles existent),  arrêter de souhaiter que les enfants ressemblent à leur parent (merci Léo Ferré), trouver la direction d'un absolu qui est un point si haut que tout le reste est dissout (le Très-haut des soufis).

 

 
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