Prier, c'est parler à Dieu et méditer, c'est l'écouter
à III 

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Il peut sembler étonnant de vouloir rapprocher dans un même texte la notion d'hérésie chrétienne et de saisie bouddhiste. Déjà, il n’y a aucune prétention intellectuelle dans cette approche et c'est surtout ici une autre façon de regarder les choses sans vouloir rejeter ce qu'elles sont véritablement.

« Hérésie » peut être vue comme :

  • une doctrine qui est contraire aux idées émises par une religion ;
  • une opinion fausse en matière de foi qui peut être condamnée par l'Église ;
  • ou plus globalement, une pensée en opposition avec les idées reçues ;

 

L'origine grecque du mot « hérésie » s'apparente à un mot qui signifie « prendre ».

Maintenant, plaçons-nous du point de vue de la « prise ».

Dans le monde bouddhiste, la saisie, cette croyance en un moi, nous fait bâtir une relation sujet-objet-action qui nous plonge dans l'illusion et donc dans l'erreur. À cet endroit précis on peut parler d'hérésie intérieure, en tant qu'appropriation de réalités illusoires et erronées, et en tant que création d'une division imaginaire.

Dans le monde chrétien, l'hérésie, cette opinion fausse en regard des textes sacrés, est aussi une division, bien sûr extérieure à soi quand elle remet en cause la doctrine au niveau d'un groupe d'individus, mais aussi, intérieure à soi quand elle nous éloigne de la vérité des textes et crée ainsi la division intérieure. L'hérésie peut être perçue aussi comme une saisie personnelle (cf. plus haut), dont illusoire, de l'Ultime Vérité.

D'un point de vue strictement personnel, et il n'est pas de même pas certain qu'il faille forcer le trait, « hérésie » et « saisie » semblent être des cousins germains dans des contextes religieux très différents.

 

 
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Voie du mileu
et vacuité


Ces deux notions sont-elles contradictoires ou, au contraire, se renforcent-elles ? En prenant comme point de vue le "goût unique", elles s'épaulent mutuellement.

La voie du milieu consiste à préférer le tiède au froid ou chaud. Car le constat est le suivant : il y a en germe dans chaque extrême son contraire, dans l'amour la haine, la joie la peine etc. C'est dans l'équilibre des contraires que l'harmonie, l'aisance peut se développer. Car chaque extrème n'est pas pur de ce qu'il prétend être.

A partir de cet instant, sur ce choix du milieu, de cette tempérance, les choses apparaissent plus similaires.

Et la vacuité nous les montre identiques, comme des illusions. Que ce soit l'amour ou la haine, le feu ou l'eau, ce ne sont que des manifestations temporaires, nées de notre esprit. On peut donc toutes les considérer de la même façon, avec le même état d'esprit, n'être ni dans le trop, ni dans le trop peu. C'est une sorte de tempérance par la reconnaissance de la non-existence propre des phénomènes. L'amour et la haine ne sont que les deux faces d'une même chose qui n'existe pas ultimement !

La voie du milieu est une étape préliminaire à cette reconnaissance.