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Le souffle
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Page 1 sur 2 A force d'étudier différentes sagesses, d'essayer de comprendre, mais aussi, et surtout, de vivre l'expérience de la justesse pour moi-même de cette sagesse, j'ai, il y a peu de temps, vécu quelque chose qui ressemble à une profonde compréhension. Je vous la livre ici. L'objet de cette réalisation est le souffle. Non l'ensemble que constitue l'inspir et l'expir, mais plus particulièrement ce dernier. Des éléments de compréhension viennent de s'assembler dans mon esprit, et se faisant écho, m'autorisent une profondeur de regard intérieur que je n'ai jamais connue.
1) Le nouveau né
Le nouveau né prend contact avec la réalité extérieure du monde à travers cette nécessité vitale : respirer par ses propres poumons. Et, pour commencer ce cycle qui prendra fin avec sa mort, il doit commencer par inspirer. Il y a, à cet instant, sans doute quelque chose de l'ordre de la survie qui est convoqué dans l'être, sans qu'on puisse évacuer une quelconque conscience de ce qui se passe. Néanmoins, si ce premier inspir n'arrive pas, le voyage de la vie prend fin.
Fort heureusement, cet inspir arrive presque tout le temps, et le cycle de la respiration s'installe, comme le métronome de notre vie.
Mais alors, on peut regarder cette victoire comme la première tonalité de notre relation avec le monde. Au-delà sans doute des mots et des souvenirs, notre première conquête est celle-ci. Et, je ne vois pas comment, compte-tenu du contexte, que cela ne puisse conditionner notre perception de l'inspir durant toute notre vie. Je vois ici la potentielle empreinte de l'expérience initiale d'un succès : celui de remplir ses poumons pour survivre. De notre vie, comment ne pas s'y référer en permanence, même sans le vouloir ?
Pour dire les choses autrement, notre premier pas dans le monde est lié au succès de notre inspiration. Et, quand il vient, gage de pouvoir continuer à vivre, il doit, du tréfonds de notre être, être lié aux moyens à notre disposition pour agir. J'inspire pour agir, je gonfle mes poumons et je sens l'air frais qui entre, etc. Tant de perceptions autour de l'inspir, comme fidèle compagnon de la première heure de notre voyage. Je passe sous silence toutes les émotions qui doivent traverser le nouveau né, confronté à cette situation : il me semble déraisonnable de nier toute forme de ressenti qui pourrait s'apparenter à de la peur.
Et l'expir alors ? Il plane là, présent, car notre vie finira pas un expir, non suivi de l'inspir. Je commence ma vie par un inspir, je la finis par un expir. Le moins que je puisse dire est qu'a priori il n'a pas le beau rôle, l'expir. Ou encore, par la réussite de mon premier inspir, je peux saisir la vie qui s'offre à moi, et par le dernier expir, il me faut la rendre !
Si j'osais, je dirai que "naître, c'est faire de l'inspir la clé du succès, le victorieux des difficultés". Notre confiance lui est acquise, du temps le plus primordial de notre exposition au monde, et cette confiance situe au-delà de toute raison et compréhension. C'est du vécu !
Naître place l'inspir au tout premier plan de notre estime, biologique, mais aussi psychologique à des profondeurs que je ne soupçonne pas.
Pour s'incarner dans la vie, il faut réussir à inspirer. Voici ma transition, toute naturelle pour la deuxième partie de ma présentation.
2) L'hébreu biblique
Il est flagrant de constater que l'hébreu écrit biblique, différent de l'hébreu contemporain, ne contient pas de voyelle sous sa forme écrite : celles-ci sont remplacées par des ".". Ainsi, il existe tout un savoir en dehors du texte afin de pouvoir le prononcer, voire le chanter.
Cette absence de voyelle tient, de façon plausible, à une origine : la voyelle est le son produit par un expir puissant, ce qui n'est pas le cas de la consonne. Or, dans les textes sacrés hébreux très anciens, le Souffle est sacré, il manifeste le Divin. A cette époque, on ne prononce pas plus le nom de Dieu (YHVH), qui est indicible, au-delà de la pensée. Donc, ni nom de Dieu, ni voyelle écrite dans les textes sacrés hébraïques, à tel point que personne ne peut affirmer savoir comment on prononçait YHVH (car on le disait quand même, mais sous une autre forme vocale). Des hypothèses sont avancées par des spécialistes qui font penser que le HYVH ressemblait à un doux murmure, où les voyelles étaient presque cachées dans le son de l'expir lui-même. Les consonnes affirment la forme (l'incarnation) et cette absence de voyelle, le Souffle Divin, si subtile et qui emplit tout.
L'Essence Divine semble être dans ce souffle, ce doux murmure (cet expir) dont certains psaumes parlent pour désigner YHVH justement.
Tout le monde se souvient du début de la Genèse, où il est écrit que "...le Verbe est Dieu...". Cette Dimension de Dieu, dans le verbe et dans le murmure, peut venir se placer à l'exact endroit d'un bruissement de prière, à peine audible et produite sur une expiration retenue et discrète.
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