Prier, c'est parler à Dieu et méditer, c'est l'écouter
à III 

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La Trinité
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3) Commentaire comparé


  • "Le Père" ou "Dharmakaya" : incontestablement nous sommes dans le Je suis celui qui est de Dieu à Moïse et la Connaissance pure dénuée de forme des Bouddhas. Cela désigne CE Qui Est, l'Essence libérée de l'existence, l'Etre sans l'étant. Par contre, alors que chez Le Père, la volonté est toute puissante - à moduler selon l'Ancien et le Nouveau Testament -, le Bouddha ne peut lui intervenir sur le cours des choses. Aucun Bouddha ne peut libérer un être sensible, cela est impossible. Le principe du karma est implacablement vrai pour les Bouddhas aussi. Bouddha ou Père sont omniscient, Amour infini et Compassion. Ils sont devant nous dès qu'on les invoque
  • "Le Saint-Esprit" ou "Sambogakaya" : ce niveau est celui de l'expression du Père ou Dharmakaya. Ceux qui, Saints ou Bodhisattvas, œuvrent dans notre monde ordinaire, rapportent également la Parole qui leur est inspirée. Ils agissent pour le bien de tous les êtres, directement reliés au Saint-Esprit, Sambogakaya
  • "Le Fils" ou "Nirmanakaya" : révélation/compréhension, à ceux qui sont préparés, des niveaux supérieurs précédents. Révélé aux tout-petits et à eux dont l'esprit est apaisé par la méditation, la Vie est un don précieux dont l'usage ultime est de la consacrer au bien de tous les êtres. Jésus donne la sienne sur la croix et le chemin n'est que renoncement et don de soi pour le bonheur d'autrui.



4) Ce que je crois

A mes yeux, s'il existe un endroit où la compréhension est réduite à néant, c'est bien en face de la Trinité. Que ce soit chez les chrétiens, chez les bouddhistes - et sans doute dans d'autres traditions -, je me sens en face du Mystère, fait d'Inconcevable et d'irréductible. J'en ressens la réalisation profonde (intime) de la Nature Ultime, celle qui nous porte et nous fait cheminer vers notre être.

Multiple et Un me semble une clé pour dénouer l'aveuglement donc je suis victime : il ne s'écoule pas une journée sans que vienne à mon esprit une tristesse intérieure, une impression d'avoir été séparé, d'avoir perdu le chemin à moi-même. Néanmoins, si j'accepte de me laisser porter par cette tristesse, elle se transforme peu à peu et laisse la place au sentiment que je suis LA Trinité, Mystère à moi-même. Elle me résiste car je veux la penser, l'accomplir.

En revanche, je commence à être convaincu que, libéré de mes concepts, de mon esprit qui pense, qui saisit pour soi, la vérité va se révéler. Ma révélation sera de la nature du Un et de ses facettes. Dans de fugaces instants de grâce, je me sens être le Mystère, alors libéré, illimité, sans visage et inaltéré.

Il n'y a pas de limite, donc pas de frontière, donc pas de différence : cela est tout à la fois vrai dans mon face à face avec les autres, avec moi-même et avec Dieu.

 



 
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Voie du mileu
et vacuité


Ces deux notions sont-elles contradictoires ou, au contraire, se renforcent-elles ? En prenant comme point de vue le "goût unique", elles s'épaulent mutuellement.

La voie du milieu consiste à préférer le tiède au froid ou chaud. Car le constat est le suivant : il y a en germe dans chaque extrême son contraire, dans l'amour la haine, la joie la peine etc. C'est dans l'équilibre des contraires que l'harmonie, l'aisance peut se développer. Car chaque extrème n'est pas pur de ce qu'il prétend être.

A partir de cet instant, sur ce choix du milieu, de cette tempérance, les choses apparaissent plus similaires.

Et la vacuité nous les montre identiques, comme des illusions. Que ce soit l'amour ou la haine, le feu ou l'eau, ce ne sont que des manifestations temporaires, nées de notre esprit. On peut donc toutes les considérer de la même façon, avec le même état d'esprit, n'être ni dans le trop, ni dans le trop peu. C'est une sorte de tempérance par la reconnaissance de la non-existence propre des phénomènes. L'amour et la haine ne sont que les deux faces d'une même chose qui n'existe pas ultimement !

La voie du milieu est une étape préliminaire à cette reconnaissance.