Prier, c'est parler à Dieu et méditer, c'est l'écouter
à III 

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 Posséder, c'est polluer. Car, en réalité, ces deux notions sont intimement liées.

La marque du territoire passe par laisser son empreinte, ses odeurs, ses traces. Dans le monde animal cela se passe ainsi ; dans le monde des hommes, nous accrochons des cadres au mur de nos appartements, abattons des forêts, aménageons un espace routier. Il y a  volonté de transformation, mais, caché derrière, l'affirmation de la personnalité qui accomplit, et qui est implicitement désignée par sa réalisation.

Ce territoires est la marque de l'être - ou plutôt de l'être en action, l'étant -,  la carte du monde sur lequel nous régnons.

Accomplir, c'est posséder le résultat de l'accomplissement, c'est être par le faire.

Mais faire implique nécessairement défaire, car on ne fait que transformer.

Polluer est faire et défaire, associé à un parfum de toxicité. Comme Laurel et Hardy, ils sont là pour le meilleur et pour le pire.

En prenant de la hauteur, cette transformation est la marque apparente de nos existences : nous croyons exister par ce que nous possédons.

Le chemin spirituel est justement l'accomplissement du détachement, de la purification comme abandon de nos pollutions intérieures. Nous croyons posséder nos existences par nos colères et amours, créer notre être par nos émotions positives et négatives, mais nous ne faisons que souiller notre vraie Nature, celle de Bouddha ou de Fils de Dieu.

Dans le Bouddhisme, la négation du soi, la recherche du non-soi, est la concrétisation même de la conviction de la pollution par la possession de l'identité.

 
 
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Voie du mileu
et vacuité


Ces deux notions sont-elles contradictoires ou, au contraire, se renforcent-elles ? En prenant comme point de vue le "goût unique", elles s'épaulent mutuellement.

La voie du milieu consiste à préférer le tiède au froid ou chaud. Car le constat est le suivant : il y a en germe dans chaque extrême son contraire, dans l'amour la haine, la joie la peine etc. C'est dans l'équilibre des contraires que l'harmonie, l'aisance peut se développer. Car chaque extrème n'est pas pur de ce qu'il prétend être.

A partir de cet instant, sur ce choix du milieu, de cette tempérance, les choses apparaissent plus similaires.

Et la vacuité nous les montre identiques, comme des illusions. Que ce soit l'amour ou la haine, le feu ou l'eau, ce ne sont que des manifestations temporaires, nées de notre esprit. On peut donc toutes les considérer de la même façon, avec le même état d'esprit, n'être ni dans le trop, ni dans le trop peu. C'est une sorte de tempérance par la reconnaissance de la non-existence propre des phénomènes. L'amour et la haine ne sont que les deux faces d'une même chose qui n'existe pas ultimement !

La voie du milieu est une étape préliminaire à cette reconnaissance.