Actualité
Essai
Haute voltige
La possession
|
|
|
Posséder, c'est polluer. Car, en réalité, ces deux notions sont intimement liées. La marque du territoire passe par laisser son empreinte, ses odeurs, ses traces. Dans le monde animal cela se passe ainsi ; dans le monde des hommes, nous accrochons des cadres au mur de nos appartements, abattons des forêts, aménageons un espace routier. Il y a volonté de transformation, mais, caché derrière, l'affirmation de la personnalité qui accomplit, et qui est implicitement désignée par sa réalisation. Ce territoires est la marque de l'être - ou plutôt de l'être en action, l'étant -, la carte du monde sur lequel nous régnons. Accomplir, c'est posséder le résultat de l'accomplissement, c'est être par le faire. Mais faire implique nécessairement défaire, car on ne fait que transformer. Polluer est faire et défaire, associé à un parfum de toxicité. Comme Laurel et Hardy, ils sont là pour le meilleur et pour le pire. En prenant de la hauteur, cette transformation est la marque apparente de nos existences : nous croyons exister par ce que nous possédons. Le chemin spirituel est justement l'accomplissement du détachement, de la purification comme abandon de nos pollutions intérieures. Nous croyons posséder nos existences par nos colères et amours, créer notre être par nos émotions positives et négatives, mais nous ne faisons que souiller notre vraie Nature, celle de Bouddha ou de Fils de Dieu. |
| < Précédent | Suivant > |
|---|

