Prier, c'est parler à Dieu et méditer, c'est l'écouter
à III 

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On est souvent tenté de placer en vis à vis, voire opposer, la religion chrétienne et le bouddhisme. Afin de se rassurer, de mieux se diriger dans ses choix, ou aussi comprendre leurs similitudes et différences, comme une clé secrète de la dimension divine.

Dans le monde chrétien, il y a un Dieu unique, d'Amour. Dans le monde bouddhiste, il y tout à la fois, karma et Bouddha.

Le karma est sans doute ce qui s'approche le mieux de la notion divine chrétienne. Sa Sainteté le Dalaï-Lama le souligne plusieurs fois.

 

1) L'Amour

Le Bouddha est très proche du Dieu Amour : toujours présent, qu'on le prie ou non, il est sans arrêt à nous offrir sa compassion et ses bénédictions. Comme le soleil dont les rayons réchauffent tous les êtres, comme s'ils étaient uniques, et de la même façon pour tout le monde, leur compassion est infinie.

Seulement, faut-il être déjà un peu préparé à les recevoir. Le Bouddha, et c'est là une différence fondamentale, n'est pas tout puissant : il ne peut nous libérer de la souffrance, de ce que nous sommes, même par la force de son Amour. A ce titre, il est un dieu "pauvre".

 

2) A la droite de...

 Seule la voie de l'accumulation de sagesse et mérites permet la libération, la cessation de la souffrance. Personne ne peut cheminer à notre place. Le nirvana est au prix de cette transformation. A la fin du chemin, que nous le voulions ou non, nous serons libérés, devenus ainsi des Bouddhas à part entière, comme le Bouddha Sâkyamuni.

Serons-nous, à la fois assis à la droite de Dieu et Dieu lui-même, dans un Mystère aussi épais que Dieu manifesté dans les trois figures de la Trinité ?

 

2) Le destin

Chez les bouddhistes, le karma possède des qualités universelles, de justice et de toute puissante. Le karma est dit inexorable, qui "nous suit comme une ombre".

Le principe du karma repose sur la loi de cause à effet : toute action engendre un effet. Le bien engendre le bien, le mal le mal. Seul le bien peut combattre le mal, comme l'eau éteint le feu (car le feu n'éteint pas le feu).

Le karma possède les traits de la justice divine, mais avec la froideur d'un comptable. Il est ce qui trace le chemin de nos épreuves et de nos joies. Mais il est principe, loi, pas un Dieu, pas une volition. "...Dis une seule parole et je serai guéri." est adressée à un Dieu capable instantanément de faire cesser nos souffrances terrestres. Mais s'il a ce pouvoir, pourquoi ne l'exerce-t-il pas, pourquoi continue-t-il à observer les êtres périr de violence et de souffrance ?

 

 
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Voie du mileu
et vacuité


Ces deux notions sont-elles contradictoires ou, au contraire, se renforcent-elles ? En prenant comme point de vue le "goût unique", elles s'épaulent mutuellement.

La voie du milieu consiste à préférer le tiède au froid ou chaud. Car le constat est le suivant : il y a en germe dans chaque extrême son contraire, dans l'amour la haine, la joie la peine etc. C'est dans l'équilibre des contraires que l'harmonie, l'aisance peut se développer. Car chaque extrème n'est pas pur de ce qu'il prétend être.

A partir de cet instant, sur ce choix du milieu, de cette tempérance, les choses apparaissent plus similaires.

Et la vacuité nous les montre identiques, comme des illusions. Que ce soit l'amour ou la haine, le feu ou l'eau, ce ne sont que des manifestations temporaires, nées de notre esprit. On peut donc toutes les considérer de la même façon, avec le même état d'esprit, n'être ni dans le trop, ni dans le trop peu. C'est une sorte de tempérance par la reconnaissance de la non-existence propre des phénomènes. L'amour et la haine ne sont que les deux faces d'une même chose qui n'existe pas ultimement !

La voie du milieu est une étape préliminaire à cette reconnaissance.