Prier, c'est parler à Dieu et méditer, c'est l'écouter
à III 

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La méditation
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1) Et alors ?

La méditation est à la fois moyen et but.

Elle est moyen car elle apaise l'esprit et permet de lâcher prise. Au début de nos pensées trop discursives, de nos émotions négatives, ensuite de nos habitudes subtiles, jusqu'à s'être détaché de tout désir, aversion. Elle est même le moyen d'atteindre l'état où la méditation elle-même est la dernière chose qui siège dans notre esprit, et qui est artificiellement fabriquée. De cette méditation là, il faudra aussi se détacher.

Elle est le but car la méditation doit être notre état d'être, en permanence, comme non distrait à notre véritable Nature/Être et aux choses. Dans cet état permanent de Claire Lumière de l'Esprit, les choses nous apparaissent telles qu'elles sont réellement. Et dans cette connaissance, nous trouvons l'Eveil.

Dans les enseignements les plus élevés du Dzogchen, le triptyque Vue-Méditation-Action est une bonne illustration de ce qu'est la méditation au niveau ultime.

Dans le Dzogchen, la Vue est établir notre Rigpa, cette conscience claire et cristalline de la sagesse originelle de la Nature de notre Esprit ou, autrement dit, l'union de la sagesse et de la clarté. Dans l'état de Rigpa, nous percevons les choses telles qu'elles sont, sans saisie ni manipulation.

La méditation, à ce niveau ultime de réalisation où tout est non conceptuel, est le moyen de demeurer dans Rigpa, sans les dénaturer, c'est-à-dire sans apporter un goût de conceptualisation donc nécessairement, cette méditation est non fabriquée, totalement naturelle, au-delà de la méditation conceptuelle, une « non-méditation ».

Demeurant de façon méditative non fabriquée par la pureté originelle de la nature de notre esprit, l'Action devient naturellement l'accomplissement des six paramita transcendantes. Elle est une réalisation naturelle car, à ce niveau de réalisation, la non-saisie et le non-ego permettent d'accomplir de façon totalement naturelle des six paramita. Il ne saurait en être autrement.

 



 
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Voie du mileu
et vacuité


Ces deux notions sont-elles contradictoires ou, au contraire, se renforcent-elles ? En prenant comme point de vue le "goût unique", elles s'épaulent mutuellement.

La voie du milieu consiste à préférer le tiède au froid ou chaud. Car le constat est le suivant : il y a en germe dans chaque extrême son contraire, dans l'amour la haine, la joie la peine etc. C'est dans l'équilibre des contraires que l'harmonie, l'aisance peut se développer. Car chaque extrème n'est pas pur de ce qu'il prétend être.

A partir de cet instant, sur ce choix du milieu, de cette tempérance, les choses apparaissent plus similaires.

Et la vacuité nous les montre identiques, comme des illusions. Que ce soit l'amour ou la haine, le feu ou l'eau, ce ne sont que des manifestations temporaires, nées de notre esprit. On peut donc toutes les considérer de la même façon, avec le même état d'esprit, n'être ni dans le trop, ni dans le trop peu. C'est une sorte de tempérance par la reconnaissance de la non-existence propre des phénomènes. L'amour et la haine ne sont que les deux faces d'une même chose qui n'existe pas ultimement !

La voie du milieu est une étape préliminaire à cette reconnaissance.