Prier, c'est parler à Dieu et méditer, c'est l'écouter
à III 

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La méditation
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Toujours délicat de parler de quelque chose de si subtil, impalpable et culturellement très connoté.

Une définition de la méditation ?

 

On pourrait déjà dire que c'est l'état mental de non-distraction. La non-distraction s'apparente à la disposition de l'esprit de pouvoir rester attentivement focalisé sur quelque chose (par exemple le souffle), quelques soient les pensées discursives qui le traversent.

 

1) Gradations dans la méditation

Force est de constater que notre esprit est, non seulement traversé en permanence par des pensées, mais en les suivant nous perturbons encore plus notre état mental.

Au début de la méditation, il y a le " demeurer dans le repos calme".  L'idée est de pacifier son esprit en créant mentalement le paysage suivant : 25% d'attention, 25% de vigilance et 50% de détente spacieuse.

Il y a donc dans Shamata deux aspects ; "repos calme" et "demeurer". On trouve le repos, puis on reste dans cette paix intérieure.

Les grands Maîtres disent souvent :

  De même que,
l’eau si vous ne l’agitez pas deviendra claire,
de la même façon,
l’esprit, laissé inaltéré, trouvera sa paix.

 

Dans la méditation du repos calme, on distingue :

  •  Shamata avec support : on choisit un objet (image mentale, musique, ou toute chose en fait) et on pose son attention dessus. Et on vérifie constamment que l'esprit ne "quitte pas des yeux" cet objet pour suivre des pensées.Cela a pour conséquence de ne pas agiter son esprit et revenir toujours à l'objet d'attention choisi pour méditer. Quand, à la fois, on sait apaiser son esprit (simplement en arrêtant de suivre les pensées discursives) et demeurer dans cet état, - en revenant constamment à l'objet de méditation dès qu'on "réalise" qu'on a perdu le focus -, est le premier stade de la méditation : on parle donc de "Shamata avec support".
  • Shamata sans support : on pourrait présenter comme cela cette étape. C'est demeurer spacieux dans l’état de non distraction initié au dessus, mais sans avoir recours à un objet comme support de la concentration.

« Quand je mange, je mange, quand je dors, je dors », diction Zen qui est une parfaite illustration des bienfaits réels de la méditation.



 
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Voie du mileu
et vacuité


Ces deux notions sont-elles contradictoires ou, au contraire, se renforcent-elles ? En prenant comme point de vue le "goût unique", elles s'épaulent mutuellement.

La voie du milieu consiste à préférer le tiède au froid ou chaud. Car le constat est le suivant : il y a en germe dans chaque extrême son contraire, dans l'amour la haine, la joie la peine etc. C'est dans l'équilibre des contraires que l'harmonie, l'aisance peut se développer. Car chaque extrème n'est pas pur de ce qu'il prétend être.

A partir de cet instant, sur ce choix du milieu, de cette tempérance, les choses apparaissent plus similaires.

Et la vacuité nous les montre identiques, comme des illusions. Que ce soit l'amour ou la haine, le feu ou l'eau, ce ne sont que des manifestations temporaires, nées de notre esprit. On peut donc toutes les considérer de la même façon, avec le même état d'esprit, n'être ni dans le trop, ni dans le trop peu. C'est une sorte de tempérance par la reconnaissance de la non-existence propre des phénomènes. L'amour et la haine ne sont que les deux faces d'une même chose qui n'existe pas ultimement !

La voie du milieu est une étape préliminaire à cette reconnaissance.