Prier, c'est parler à Dieu et méditer, c'est l'écouter
à III 

Actualité arrow Chemin


Prière, pratique sont bel et bien des mots différents.

Certains, à ce titre, considèreront que cela est nécessairement différent. Ils pourront même dire que la prière est adressée à "quelqu'un", alors que la pratique est plutôt un exercice de l'esprit.

Chez les tibétains, la pratique est vue comme un "moyen habile", quelque chose qui permet de progresser, de perfectionner, purifier l'être. Il existe chez eux quantité de pratiques, car elles prennent l'individu là où il en est sur son chemin, avec son niveau de réalisation et ses obscurcissements.

Mais la pratique n'est pas seulement un exercice de l'esprit: c'est aussi une vraie ferveur (voire foi) qui s'exprime. Cependant, il y a une différence : comme la pratique est fondée sur la compréhension de "pourquoi elle est bonne pour nous" et "à quoi elle nous prépare", la crise de foi (si  bien connue dans le monde chrétien) n'existe pas la-bas.

En tibétain, le mot "discipline" n'existe pas et on utilise une métaphore : "le chemin qui est bon pour soi".

Alors ? Pratique et prière sont si différentes que cela ? Rien n'est moins sûr à mes yeux. La pratique peut prendre sa source avant la foi mas continue et grandit avec elle.

 

Voie du mileu
et vacuité


Ces deux notions sont-elles contradictoires ou, au contraire, se renforcent-elles ? En prenant comme point de vue le "goût unique", elles s'épaulent mutuellement.

La voie du milieu consiste à préférer le tiède au froid ou chaud. Car le constat est le suivant : il y a en germe dans chaque extrême son contraire, dans l'amour la haine, la joie la peine etc. C'est dans l'équilibre des contraires que l'harmonie, l'aisance peut se développer. Car chaque extrème n'est pas pur de ce qu'il prétend être.

A partir de cet instant, sur ce choix du milieu, de cette tempérance, les choses apparaissent plus similaires.

Et la vacuité nous les montre identiques, comme des illusions. Que ce soit l'amour ou la haine, le feu ou l'eau, ce ne sont que des manifestations temporaires, nées de notre esprit. On peut donc toutes les considérer de la même façon, avec le même état d'esprit, n'être ni dans le trop, ni dans le trop peu. C'est une sorte de tempérance par la reconnaissance de la non-existence propre des phénomènes. L'amour et la haine ne sont que les deux faces d'une même chose qui n'existe pas ultimement !

La voie du milieu est une étape préliminaire à cette reconnaissance.